Initiation par le tarot

Le Mat (0) est l’étincelle créatrice, la force qui met en mouvement. Il signifie souvent l’aventure, au sens où on a pris la décision de s’y lancer.

Le chemin commence avec le Bateleur (1) qui maîtrise le monde matériel. Il peut donc commencer le travail d’accomplissement de soi

Le Bateleur a terminé son travail sur le monde extérieur. La Papesse (2) vient alors lui faire prendre conscience que le monde intérieur est aussi un mystère. Il nous faut accepter le fait que notre raison consciente ne maîtrise pas tout, que nous avons un inconscient et qu’il faut composer avec cette partie de nous-mêmes si nous souhaitons agir de façon entière.

Cette réconciliation nous amène devant l’Impératrice (3). Elle est la combinaison entre les arcanes 1 et 2 : la personne qui s’accepte entièrement est maintenant capable de créer.

La Grande Mère créatrice est ensuite suivie de son pendant masculin : l’Empereur(4). Pour générer une nouvelle vie il ne faut pas que la fertilité et la créativité mais être ordonné. (car sinon cela peut partir dans tous les sens et rien donner). Il faut des règles. Ce n’est que lorsque le monde autour de nous est structuré, pas chaotique, que l’on peut commencer à s’intéresser au monde spirituel.

Cela, c’est le travail du Pape (5). Il donne à entendre une parole qui vient d’en haut. Maintenant que l’Empereur et l’Impératrice ont fait ensemble ce qu’il y avait à faire dans le monde, le Pape nous fait aller plus loin que le simple matériel en nous faisant comprendre qu’il y a du sacré. Et sans le sentiment du sacré, nous ne menons qu’une vie triviale.

Le désir, l’Amoureux (6) le met exactement en scène. Il va devoir faire son choix aiguillé par son affectivité (la flèche de Cupidon). Cette affectivité, c’est ce qui va lui permettre de faire la différence entre ce qui est de l’ordre de l’envie passagère, et ce qui vient en lui d’une Nature profonde, authentique.

C’est une fois ce Désir identifié, après un travail intérieur déjà long, que nous pouvons sortir de notre forteresse et aller à la conquête du monde. C’est ce que fait le Chariot (7), prince conquérant au front marqué d’une étoile sacrée.

Mais celui-ci va devoir immédiatement rencontrer l’arcane suivante, la Justice. Elle lui apprend que toute action doit être mesurée pour être en harmonie avec ce Désir sacré.

Le Prince, après avoir fait le tour des expériences qui lui sont données dans le monde, a tout vécu. Il se retire alors du monde et devient l’Ermite (9). Il est maintenant de son devoir d’éclairer le chemin et de guider les autres qui poursuivent le même but de liberté.

La Roue de Fortune (10) est le résultat des réflexions de l’Ermite. En apparence, tout dans la vie n’est qu’instabilité et nous sommes ballottés, impuissants, de haut en bas et de bas en haut. Mais L’Ermite a fini par se rendre compte que la conscience permettait de vivre sans subir. C’est ce que fait le Sphinx installé au-dessus de la roue ; il maîtrise l’animalité de son corps et connaît le mystère qu’il est pour lui-même, ce qui lui permet de ne pas rester en position de victime.

La Force (11) montre que la violence physique ne peut rien contre la paix intérieure, la confiance et l’amour. Cet amour doit s’appliquer à nous-mêmes, car le lion représente notre côté animal que nous devons accepter avec amour plutôt que réprimer. Voilà donc comment devenir maître de soi-même. Arrivé ici, notre Bateleur est parvenu à la vraie maîtrise de la vie et de la conscience en ce monde.

Il pourrait s’arrêter là mais aspire à quelque chose de plus haut. S’élever au-dessus de ce monde passe par le renoncement, voire le sacrifice. C’est ce que met en oeuvre le Pendu (12). Il se met dans une position d’échec matériel pour changer radicalement son point de vue.

Cette Arcane sans nom (13) va nous permettre de savoir qui l’on est vraiment. Elle nous permet l’ouverture à un monde supérieur. Notre Pendu par son sacrifice a pu donc se trouver lui-même, et donc avancer sur la véritable voie initiatique, alors qu’avant lui il ne s’occupait encore que de la maîtrise du monde.

Sur cette voie, il va maintenant rencontrer Tempérance (14). Le 13 nous a dépouillé de tout ce qui n’était pas notre être essentiel. Cette essence, c’est l’eau que travaille maintenant l’ange pour la purifier. Il nous apprend à appliquer les enseignements rencontrés avec les bonnes proportions, et nous aide à continuer notre travail de purification.

Et à force de purifier, nous tombons nez à nez avec les impuretés dont nous devons encore nous débarrasser. Le problème, c’est que jusqu’ici, nous avons toujours pensé que ce qui nous est présenté aujourd’hui comme impureté, c’était nous, les constituants de notre personnalité. Leur destruction sera un passage sombre et douloureux pour notre ego. D’abord, le Diable (15) nous montre ce qui nous retient. Nous ne sommes victimes de rien d’autre que nous-mêmes. Donc, soumis à l’épreuve de sa tentation, nous aurons l’opportunité de nous débarrasser de notre orgueil.

C’est là la Maison-Dieu (16) qui s’effondre. Nous perdons d’un coup ces certitudes que nous avions construites et qui nous permettaient de vivre bien confortablement au-dessus des autres. Il va nous falloir accepter la mort de l’ego comme ce qu’elle est : un cadeau venu d’en haut. Cet ego, ce sont toutes les constructions que nous prenons pour nous-mêmes, mais qui ne sont en réalité que des masques (comme quelqu’un qui, à la question de savoir qui il est, répondrait pompeusement par un titre important).

Derrière ces masques, nous existons dans notre vérité la plus nue, la plus simple. Elle est représentée par l’Etoile (17). Dépouillée de tous les désirs inauthentiques, elle sait qu’il n’y a rien d’autre qui compte que le don, sans compter, et qui vient du dessus (la force céleste qui agit à travers elle.)

Cela ne doit pas nous faire oublier que notre passé fait toujours partie de nous. Nous sommes nus, mais pas amnésiques. C’est ce qui fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. C’est avec ces forces effrayantes que devons continuer sur le chemin que l’on voit sous la Lune (18), et sa lumière nous guide.

Après avoir appris à suivre le guide de cette lumière, qui est réceptive comme son astre, nous rayonnons enfin, comme le Soleil (19) envoie sa chaleur sur le monde. Réconciliés avec nous-mêmes, nous accueillons la joie et la certitude confiante en l’avenir.

C’est lorsque nous sommes accueillants comme un enfant que nous sommes en mesure de recevoir l’appel supérieur : celui du Jugement (20). Notre vie est maintenant complète, elle peut donc être jugée par cet arcane conclusif.

Et le Monde (21) est donc à la fois le résultat de ce jugement, et la synthèse de tout ce que nous avons traversé pour devenir une personne complète.

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